Rapport de l’Observatoire Social Tunisien

 Février 2017

 

L’intensité des protestations durant le mois de Février 23017 a été aussi importante que les mois précédents malgré la couverture discrète des medias audiovisuels et une couverture très réduite dans les autres medias se réduisant à une couverture des mouvements de protestations ayant pris une échelle nationale avec une dimension événementielle.

Les mouvements de protestation ne bénéficient plus du même intérêt et considération de le part des partis politiques au  pouvoir, ni les autres, ni ceux qui sont représentés dans l’assemblée des représentants du peuple ni celles absentes. Nous avons, même, remarqué une campagne méthodique  contre les mouvements de protestation connaissant ses prémices au début de l’année précédente en instant sur le fait que la précarité des situations économiques, sociales, politiques, sécuritaires et environnementales nécessite une suspension immédiate des protestations voire un report à une période économico-socio-politico-sécuritaire  plus faste avec le retour des investisseurs et du tourisme étranger, de la diplomatie à son éclat précédent,  au sport ses lettres de noblesse et aux résidents à l’étranger le sentiment d’appartenance à la nation… ainsi que d’autres modèles et slogans poussant à la consommation locale. Et c’est à travers nos observations sur les protestations quotidiennes dans tous les secteurs et régions que nous constatons une opposition totale à ces idées véhiculées. En effet, ces mouvements de protestation ne sont ni un complot ni inutile ni un gaspillage de temps, d’acquis ou de la révolution…. Ces protestations constituent  un reflet d’une situation nécessitant une intervention et un traitement.  Elle constitue, également, une sonnette d’alarme aux décideurs, aux administrateurs et à ceux qui s’occupent des affaires publiques, concernant la situation sociale que  l’utilisation des termes marginalisation et « hogra » ne suffisent plus à définir et qui a conduit, précédemment, à la genèse de la révolution de 2011 dont les résultats ne sont encore pas à la auteur des attentes.

La criminalisation des protestations constitue un saut vers l’inconnu parce qu’elles ne sont pas encadrées et expriment la voix et préoccupations de la Tunisie profonde et qui peuvent évoluer vers des aspects plus radicalisés. Nous avons assisté à des appels de désobéissance civile dans plusieurs gouvernorats avec des solutions proposées non suffisantes.

Des protestations et des réactions variées ont appelé le président de la république à la révision de la loi 52 sur les drogues ; certaines statistiques indiquent que le tiers des incarcérés dans les prisons tunisiennes le sont pour consommation, détention ou trafique de drogues avec une absence voire une variation surprenante des données spécifiques sur leurs évolutions durant les dernières années. Ce qu’il faut retenir c’est que la problématique est très importante voire primordiale et en étroite relation  avec l’avenir de notre jeunesse et nos enfants. S’agirait-il d’être plus clément avec la première consommation et dans ce cadre il persiste un flou sur la manière de savoir si c’est une première consommation effective ou une première arrestation d’un consommateur en addiction ainsi que d’autres interrogations de ce type qu’il faudrait soumettre au préalable à la commission nationale de lutte contre les drogues vu la complexité de ce phénomène social.

Les failles sécuritaires post-révolution ont été un élément d’accroissement des réseaux de trafiques de drogues, ainsi que le commerce frontalier avec un échec cuisant des différents canaux et moyens mis en place depuis plusieurs années dans la lutte  contre la consommation des drogues. La question importante demeure dans la mise en place d’une étude sur les causes de cet échec avant de présenter des solutions ou des suggestions.

Il existe plusieurs commissions et organismes gouvernementaux disposant de tous les moyens humaines, financiers et logistiques nécessaires à l’élaboration des ces études comme l’Institut des Etudes Stratégiques ou le Centre de Recherche et des Etudes Sociales et Economiques  sans parler des différents ministères comme celui de la santé ou les organisations et associations qui travaillent sur le sujet.

La décision de clémence pour une première consommation peut avoir des incidences sociales profondes avec, pour victimes plusieurs franges de la population jeune sans parler des conséquences familiales, éducatives, psychologiques et sanitaires nécessitant une attention particulière avant décisions. Ce sujet houleux a été l’objet des protestations durant ce mois de Février 2017.

 

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