Appel du mouvement de défense des droits des étrangers et des mouvements sociaux tunisiens au soutien des sociétés civiles tunisienne et internationale

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Université d’été des mouvements sociaux 2018 :

Appel du mouvement de défense des droits des étrangers et des mouvements sociaux tunisiens au soutien des sociétés civiles tunisienne et internationale

 

A l’occasion de la 3ème Université d’été des mouvements sociaux organisée par le FTDES  et la coordination nationale des mouvements sociaux du 7 au 9 septembre, plusieurs associations représentants les étudiants et travailleurs subsahariens/étrangers en Tunis se sont rassemblées lors d’un atelier soutenues par des universitaires et associations tunisiennes en soutien des autres mouvements sociaux.

 Cet atelier a permis d’établir, de référencer et de hiérarchiser les problématiques existantes afin de les combattre le plus efficacement et de manière collective. Or pour cela, il a été convenu que ces associations avaient besoin également d’un prérequis : le soutien des autres mouvements sociaux tunisiens ainsi que le soutien de la société civile tunisienne et des sociétés civiles internationales.

De fait, les impasses évoquées lors de cet événement concernaient aussi bien :

  • les questions de traite d’êtres humains que ce soit dans le cadre d’une exploitation pour du travail ménager, dans des usines textiles ou dans l’agriculture ;
  • le problème des pénalités de séjour pour les étudiant.e.s et travailleur.euse.s qui se retrouvent souvent en situation d’irrégularité, et donc en danger, ne pouvant plus quitter le territoire parce qu’endetté.e.s, plusieurs tentent alors de partir par la mer à leurs risques et périls ;
  • ou encore les cas récurrents d’actes racistes trop souvent vécus en raison des seules différences culturelles et de couleur de peau.

Ces défis au quotidien se trouvent dès lors être au croisement avec d’autres luttes menées par des mouvements sociaux rencontrés lors de cette université d’été, certains sur les conditions et l’accès au travail d’ouvrière du textile, d’autre sur les disparitions après un départ en mer de leurs enfants.

A partir des débats menés ces deux jours, il a été mis en exergue que certains modes d’actions devaient davantage être développés pour renforcer l’efficacité de la lutte. Parmi eux, il a été question de perfectionner et de renforcer :

  • la communication directe de sensibilisation à la population de ces cas par de petites vidéos courtes (spots) à diffuser sur les réseaux sociaux, à la télé ou sur d’autres plateformes ;
  • la convergence et le rassemblement d’actions entre plusieurs associations et notamment entre des organisations qui défendent les droits des migrants même si leurs bénéficiaires n’ont pas les mêmes situations, qu’ils soient nationaux ou non : l’union faisant la force ;
  • la transnationalisation de la lutte en se mettant en contact avec des organisations et autorités présentent également hors de la Tunisie pour faire pression depuis l’extérieur face à une globalisation qui oppresse toutes les personnes les plus vulnérables ;
  • la stratégie des plaidoyers pour que les thématiques portées soient mises à l’agenda des décideurs, qu’ils.elles ne puissent contourner le traitement de ces problématiques, et proposer davantage pour leur faciliter le travail d’élaboration ;
  • la connaissance scientifique des différentes situations de vulnérabilité des personnes, et pour cela mener davantage d’études s’appuyant sur des méthodologies qualitative et quantitative ;
  • la communication d’un seul tenant, d’une seule voix dans la diffusion des messages et l’organisation d’actions communes, afin de ne pas être manipulés, divisés et donc instrumentalisés.
  • le lien entre ressortissants africains du même continent, pour ne pas se diviser entre étudiants en Tunisie et travailleurs en Tunisie. Il est notamment dans l’intérêt de tou.te.s les travailleur.euse.s en Tunisie que les droits des travailleurs étrangers soient respectés, pour ne pas créer une concurrence qui abaisserait les conditions de travail et les droits de chacun.

Pour toutes les raisons évoquées, le groupe souhaite donc en appeler à la solidarité et au soutien de tous les mouvements sociaux en Tunisie, de la société civile tunisienne et des sociétés civiles internationales.

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