DROIT A LA SANTE AU TEMPS DE LA CRISE COVID 19, Quand les inégalités font souffrir et tuent

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PARIS / TUNIS le 2 décembre 2021. Le droit à la santé, droit humain universel inscrit dans la constitution de plusieurs pays, a subit une régression historique à l’occasion de la pandémie de Covid-19. C’est particulièrement le cas en Tunisie, pays le plus impacté de son contient, comme le souligne un cahier thématique publié ce jour par la FIDH et le FTDES.

25 juillet 2021 : le président tunisien décide de geler le parlement et de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains justifiant ses décisions, entre autres, par la mauvaise gestion de la crise sanitaire qui a coûté plus de 20.000 vies aux Tunisien.ennes ; Le pays a ainsi enregistré le plus lourd bilan en méditerranée orientale et en Afrique, selon l’OMS.

En publiant ce cahier intitulé « le droit à la santé au temps de la crise Covid 19 ; quand les inégalités font souffrir et tuent », la FIDH et le FTDES réagissent à ce constat alarmant pour analyser les différentes facettes de cette crise sanitaire, ses causes profondes et ses impacts sur les plus vulnérables.

Bien que la constitution de 2014 prévoit dans son article 38 que « Tout être humain a droit à la santé », dans la pratique, plusieurs facteurs entravent la jouissance de ce droit et sont surtout liés aux inégalités d’opportunité, de revenu, d’appartenance régionale ou inter-régionale et de genre.

Ce cahier montre que le la politique de désengagement de l’État a favorisé la dégradation de la qualité des soins dans un secteur public de la santé sous-financé, mal géré et affecté par la corruption. En effet, le secteur de la santé vient en troisième position parmi les secteurs les plus corrompus après la sécurité et la douane, selon des études nationales.

L’état des lieux du système de santé alerte également sur l’emprise du secteur privé. Ce dernier semble plus concerné par la couverture géographique du pays, mais possède surtout de plus en plus d’équipements lourds, avec par exemple une concentration de 85% des IRM du pays, 73% des scanners ou encore 79% des salles de cathétérisme en 2017. L’État ne semble pas, quant à lui, concerné par cette perte de contrôle, avec notamment environ 42% de son matériel médical défectueux selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2017.
À la répartition inégale des infrastructures de santé, se rajoute un manque de possibilités financières d’accès aux soins. Il est inquiétant de voir que parmi la population la plus pauvre, plus de 77% des individus n’ont pas pu consulter, alors qu’ils le jugeaient nécessaire, pour cause de manque de ressources.

Le rapport souligne l’impact de de ces inégalités sur certains groupes plus touchés encore par la vulnérabilité, dont les migrants et les femmes victimes de violences et mal prises en charge par les institutions en place.

Tout en mettant la lumière sur la résilience de la société civile pour sauver le secteur de la santé et son investissement notamment pendant la crise sanitaire, le cahier conclut à un non-respect du droit à la santé par la Tunisie. Il recommande, dans ses différentes parties, la nécessaire réforme profonde du secteur sanitaire. Elle se heurte aux politiques d’austérité ainsi qu’aux intérêts des bénéficiaires d’un système de corruption et de rentes.

Le FTDES et la FIDH souhaitent ainsi rappeler l’importance de défendre un système de santé basé sur la solidarité publique et la non-discrimination. Il s’agit de souligner l’importance de considérer la santé comme un véritable droit, dont tout citoyen.enne est titulaire, et dont l’Etat est le principal garant.

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