Forum de la Souveraineté Alimentaire et du Climat ForSAC

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1. Description et argumentaire

La pandémie du Covid-19 et ses conséquences dramatiques en Tunisie et dans l’ensemble du monde, nous révèlent un nombre inestimable de défaillances et dérives économiques, sociales, écologiques, alimentaires et politiques… qui participent, très activement, à l’apparition de nouveaux risques multiples sur l’ensemble des populations, à commencer par les plus pauvres, vulnérables, exclues, marginalisées et dépendantes… Comme le montrent plusieurs travaux et publications, dont ceux du biologiste Rob Wallace, il existe un lien « mécanique » et direct entre, d’une part, le modèle agricole intensif et extractiviste, la détérioration de l’environnement et de la biodiversité animale et végétale et le réchauffement climatique, de plus en plus accéléré, … et, d’autre part, l’apparition (naissance ou déconfinement) de nouveaux microbes et virus dont le Covid-19, à l’origine de la pandémie, en cours, dont le bilan s’élèvera inévitablement à plusieurs centaines de milliers de morts.

Aujourd’hui, alors que rien ne laisse croire que la pandémie va s’arrêter à cours ou à moyen terme, que le Covid-19 disparaîtra ou que cette « crise » n’aura été qu’une situation humanitaire exceptionnelle, tel qu’un tremblement de terre, l’humanité se trouve face à une nouvelle réalité marquée par l’urgence de réagir collectivement et en profondeur et d’apporter des réponses nouvelles à la hauteur des risques et des enjeux.

Pour contribuer à un effort collectif pour la recherche de nouvelles réponses, analyses, pratiques et expériences et analyses, trois organisations (OSAE, l’FTDES et Nomad08) ont décidé de se rapprocher pour créer un espace de rencontres et de réflexions collectives autour des thématiques communes de la dépendance alimentaires, des droits sociaux, économiques et écologiques, ressources naturelles et changements climatiques…. Dans un premier temps, cette collaboration se fera par la co-organisation d’un Forum de la Souveraineté Alimentaire et du Climat (ForSAC), qui a vocation à devenir annuel. Le ForSAC se fixera comme objectif principal : témoigner, discuter et alerter sur les conséquences dramatiques de la poursuite des politiques agricoles et alimentaires actuelles et l’urgence de changer radicalement vers des choix politiques volontaristes qui a) respectent à la fois l’ensemble des droits de l’homme fondamentaux, particulièrement les droits d’accès aux ressources naturelles, comme l’eau et la terre, à un environnement sain, à une alimentation appropriée et suffisante… ; b) protègent la biodiversité, les équilibres naturels, les climats et les droits des générations futures… ; c) remettent les paysanneries et l’agriculture vivrière au cœur des stratégies agricoles, alimentaires et écologiques, de longs termes, afin d’assurer une sécurité et une souveraineté alimentaires dignes, justes et « durables » à l’ensemble de la population.

Toutes les personnes et les organisations libres, indépendantes et engagé.e.s pour un monde qui offre plus de droits, plus de sécurité et plus de dignité seront les bienvenues dans cet effort collectif.

La première session (2020) se tiendra à Sidi Bouzid, lieu de « démarrage » de la phase accélérée de la révolution tunisienne.

2. Pourquoi Sidi Bouzid ?

Dix ans après la révolution, la région de Sidi Bouzid reste encore une région souffrant de disparités sociales et économiques énormes. Le développement inégal entre les régions continue depuis lors et reste flagrant dans les régions intérieures.

Sidi Bouzid est aujourd’hui la première région agricole du pays en termes de productions et d’investissements publics et privés et ce grâce au développement depuis le milieu des années 1980 d’une agriculture irriguée, grâce aux eaux souterraines, intensive et extractiviste qui commence à montrer ses limites écologiques, économiques et sociales. La production de cette région est en hausse exponentielle et continue à générer du profit considérable au bénéfice des investisseurs. Malheureusement, cette agriculture techniquement riche et financièrement profitable ne profite que très marginalement aux populations locales et le gouvernorat de Sid Bouzid reste parmi les 4 gouvernorats les plus pauvres du pays. C’est l’exemple parfait qui montre que la croissance économique n’engendre pas automatiquement le bien-être social, et encore moins écologique. En effet, le coût écologique de cette politique agricole extractiviste se révèle catastrophique : épuisement des nappes souterraines pas ou très peu renouvelables, salinisation de l’eau d’irrigation et des sols agricoles, appauvrissement de la biodiversité locale et forte croissance de la production de dioxyde de carbone, responsable des changements climatiques.

Pour avoir été le point de départ de l’étape accélérée de la révolution déclenchée par le suicide brutal de Mohamed Bouazizi, poussé par l’injustice et la pauvreté à commettre son acte irréversible, le 17 décembre 2010, et parce qu’elle est un exemple parfait de l’échec des politiques agricoles à provoquer un développement social régional, Sidi Bouzid s’impose comme le lieu incontournable du premier ForSAC que nos trois organisations (OSAE, Nomad08 et FTDES) ont décidé d’organiser au mois d’octobre 2020 (les dates précises seront précisées ultérieurement). En plus de la symbolique politique qu’elle présente, la région de Sidi Bouzid est certainement l’endroit où l’on trouve tous les éléments thématiques du Forum : l’agriculture intensive, la surexploitation des ressources, les conditions sociales… et les risques, déjà visibles, des changements climatiques.

3. Principales activités prévues

(le programme détaillé sera disponible bientôt)

Le marché paysan

Le marché vise à inviter des paysan.e.s venant de tout le pays (ou mêmes de d’autres pays d’Afrique du Nord) à venir échanger avec les autres participant.e.s, exposer leurs produits (semences, produits transformés etc), leurs revendications et leurs visions et surtout leurs savoir-faire.s. Idéalement, l’organisation du marché sera assurée par des paysans et des paysannes.

 

Pour cette activité l’idée est d’inviter paysans.ne.s, organisations et individus à contribuer avec des activités diverses : cuisine, ‘oula, reconnaissance et sélection des semences, techniques ancestrales et autres.

Le principe est de regrouper plusieurs interventions, conférences et débats autour des thématiques rurale et paysanne (souveraineté alimentaire, climat, eaux et ressources, droits sociaux et économiques…). Ces activités auront pour but de favoriser les débats approfondis et ouverts sur l’ensembles des thématiques du Forum. Nous ferons appel à des chercheur.e.s, des activistes, des observateurs …

Axes/thèmes possibles :

  • Souveraineté alimentaire, droits sociaux économiques, équité, agroécologie
  • Le droit à l’eau et aux ressources naturelles : des principes, des situations (ex Jelma, et ailleurs)
  • Changement climatique processus, risques et urgences
  • Covid-19, politiques agricoles, disparition de la biodiversité : Pourquoi faut-il sauver les abeilles ?
  • A quoi servent les paysans ?
  • Sid Bouzid : un mirage vert ?
  • Pesticides, antibiotiques, biodiversité, santé…
  • L’extractivisme comme menace à l’agriculture paysanne…

Visites thématiques quotidiens en petits groupes. Participations payantes avec réservations préalables

 

– Une exposition participative de photos (appel à photo) avec un prix symboliques pour les 3 premier.e.s gagnant.e.s

– Un festival de films documentaires ruralistes (appel à participation) prix symboliques pour les trois premier.e.s gagnant.e.s

4. Formulaire d’inscription en ligne

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