A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement : Pour mettre fin à la marginalisation environnementale

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Tunis, le 5 juin 2022

 

 

 

A l’occasion de la journée mondiale de l’environnement : Pour mettre fin à la

marginalisation environnementale

 

Sous le thème “On ne possède qu’une seule Terre”, le monde célèbre, le 5 juin 2022, la journée mondiale de l’environnement. Cette célébration met l’accent sur les enjeux environnementaux urgents, au moment où 3 menaces principales ne cessent de s’accentuer : le changement climatique, la biodiversité en danger et la pollution avec toutes ses formes.

Les pays du monde ayant l’habitude de célébrer cette journée, croient à la nécessité d’adopter des programmes, des choix et des politiques qui tiennent compte de l’environnement et qui dépendent d’une économie verte pour garantir la durabilité de l’écosystème. Voilà pourquoi, il est temps en Tunisie de lutter contre l’inégalité et l’injustice en matière d’accès aux droits environnementaux entre les régions du pays et les différentes classes sociales. En effet, il est clair, de nos jours, que les conséquences néfastes du modèle de développement qui vise essentiellement à la multiplication de la production et l’intensification des rentes au détriment de l’environnement, touchent les classes sociales les plus fragiles et les régions géographiquement et politiquement marginalisées, surtout par la pollution et l’absence de l’eau potable. Aussi, il est impossible de garantir le bien-vivre et la santé sans être capable de s’adapter au changement climatique, de lutter contre la dégradation de la biodiversité et de prendre des décisions urgentes concernant les défis grandissants comme la pollution marine, le réchauffement climatique, la pénurie d’eau et les crimes contre la vie sauvage

Dans ce cadre, les violations environnementales demeurent une grande entrave à la garantie du droit à un environnement sain pour des milliers de citoyens. Aussi, les décharges anarchiques et la perturbation de distribution ou la coupure de l’eau potable demeurent parmi les problématiques cruciales, qui persistent sans l’intervention des autorités compétentes pour les résoudre et garantir à la fois la justice environnementale et sociale.

Notre veille continue de la réalité environnementale prouve que la marginalisation et la discrimination entraînent l’augmentation des mouvements socio-environnementaux ainsi que la compromission de la paix sociale dans diverses régions. Ces mouvements se nourrissent des sentiments de frustration et d’injustice dus à la privation du minimum nécessaire pour le bien-vivre des citoyens. Ces sentiments tuent les sentiments de citoyenneté et d’appartenance et augmentent le fléau des réfugiés climatiques qui se trouvent contraints à fuir leurs logements et leurs terres à cause de la pollution ou à la recherche d’un environnement plus sûr et sauf.

Par ailleurs, plus de 300.000 personnes sont aujourd’hui totalement privées d’eau potable pendant des unités industrielles à l’instar de la Compagnie des Phosphates de Gafsa qui consomme 8.9 millions m3, l’équivalent de la consommation de 112000 citoyens tunisiens. Aussi, des milliers de personnes vivent à proximité des décharges “contrôlées” et anarchiques qui dégagent des toxines dans l’air, le sol, la nappe phréatique et qui impactent leur santé et la santé de leurs enfants.

Dans le contexte de la croissance des mouvements environnementaux, les gouvernements successifs adoptent toujours la politique de criminalisation dans le but d’opprimer ce mouvement et de restreindre son expansion géographique. Donc, l’adoption de nouvelles orientations et de nouveaux choix possibles par un cadre législatif, garantissant son application et cohérent avec les traités internationaux signés par l’Etat tunisien et avec la constitution de 2014, n’est plus un choix mais une nécessité absolue. En plus, le fait d’attirer l’attention aux dangers qui menacent l’environnement et œuvrer pour les éviter, doit être exécuté parallèlement avec le respect du principe de l’égalité et de la justice environnementale.

Le département de la justice environnementale, Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux