Home Actualité [:fr]Le bassin minier : où l’on rêve toujours d’une goutte d’eau[:ar]الحوض المنجمي أين تعتبر قطرة الماء حلما صعب المنال[:]

[:fr]Le bassin minier : où l’on rêve toujours d’une goutte d’eau[:ar]الحوض المنجمي أين تعتبر قطرة الماء حلما صعب المنال[:]

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[:fr]Le bassin minier : où l’on rêve toujours d’une goutte d’eau[:ar]الحوض المنجمي أين تعتبر قطرة الماء حلما صعب المنال[:]

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Le bassin minier : où l’on rêve toujours d’une goutte d’eau

Article écrit par Ben Othmane Rabah : coordinateur régional du projet de la justice environnementale section du bassin minier

 

Souffrant des coupures d’eau en continu depuis plus de dix ans, les habitants de la région du bassin minier expriment leur désarroi et leur malaise. Malgré leurs actions de protestations cet été, rien n’a changé. Au contraire, la situation semble aller en s’aggravant. Retour sur les mobilisations de l’été 2018 à Redeyef et à Mdhilla pour le droit à l’eau potable.

  • De Redeyef à Mdhilla : des souffrances et des appels de détresse

Redeyef : Protestations et appels de secours laissés sansréelle solution

La situation à Redeyef est inédite, la question des coupures d’eau étant omniprésente toute l’année.  Dans des quartiers comme «  cité sidi Abdelkader » et le « cité du maghreb arabe », on enregistre des coupures même en l’hiver alors que logiquement le taux d’exploitation de l’eau diminue en cette saison. Plusieurs questions se posent quant aux capacités de la SONEDE à présenter un service acceptable et durable.

Face à cette problématique, les habitants de Redeyef, accompagnés de représentants de la société civile, ont décidé le samedi 30 juin 2018 de se diriger vers la Compagnie de Phosphate de Gafsa (CPG) pour arrêter la laverie.  Sachant que Redeyef est la seule ville minière où la compagnie publique utilise de l’eau potable pour laver le phosphate, ce mouvement citoyen a ainsi réagit face à l’indifférence des dirigeants et en a appelé à toutes les sensibilités du pays pour soutenir les habitants de cette ville privée du droit constitutionnel à l’eau.

Le 7 juillet 2018 Sit in des habitants de Redeyef dans la laverie de la CPG

Suite à cette protestation, les autorités régionales se sont vues obliger de répondre et trouver une solution. Dans ce cadre, il a été discuté et décidé que la CPG soutienne « l’effort  » de la SONEDE pour assurer la desserte de l’eau à tous les habitants de Redeyef. Un accord a même été signé entre le gouverneur de Gafsa, le secrétaire d’Etat de l’agriculture et le président directeur général de la CPG : cet accord prévoyait que la compagnie pompe et destine 1200 m³ par jour aux habitants. Cette quantité devait être prélevée six heures par jour, soit de 14 h à 17 h et de 3 h à 6 h du matin.

Malgré cet effort, le problème ne s’est pas résolu. Les coupures dans les zones hautes n’ont pas cessé, annonçant ainsi le retour des protestations. Les habitants ont ainsi organisé deux manifestations : un sit-in le 7 juillet dans la zone industrielle et  plus précisément dans la laverie de la CPG à Redeyef, et un autre le 8 juillet dans le siège social de la CPG. Le slogan principal de cette dernière manifestation « nous voulons l’eau », peut résumer l’essentiel des revendications.

Le 8 juillet 2018 sit in des habitants de Redeyef dans le siège social de la Cpg

Suite à cette protestation, une réunion s’est tenue dans le bureau du directeur du siège de la CPG ) à Redeyef avec le président de la section FTDES de Redeyef, le coordinateur du projet de la justice environnementale, deux ingénieurs de la CPG et quatre personnes représentant les quartiers sinistrés. Notre objectif était de  trouver une solution immédiate. Pour nous, il était clair que la quantité d’eau fournie par la CPG ne suffisait pas. Notre demande consistait alors à améliorer l’accord signé pour résoudre le problème complètement, mais l’administration générale de la CPG a refusé sous prétexte que cela menacerait les droits des travailleurs  et la durabilité de la production.

 

Mdhilla : Les habitants, confrontés également aux poursuites judiciaires

A Mdhilla où sont implantées les activités à la fois de la CPG et du Groupe Chimique Tunisien, la même problématique se pose mais différemment dans la mesure où la durée des coupures de l’eau  peut parfois dépasser 20 jours successifs. C’est notamment le cas du quartier El Hay Elguebli que nous avons visité et où nous avons pu constater la détresse des habitants, obligés d’acheter de l’eau ou d’attendre les citernes de la préfecture.

https://www.youtube.com/watch?v=_m5hrpujF9Y

Les potentiels hydrauliques de cette ville sont très limités et la nappe existante ne peut pas satisfaire tous les habitants. La SONEDE achemine ainsi l’eau de la zone de « Ortos »  très proche de la ville d’Elguetar, à travers un réseau de 25 km qui est d’ailleurs la cause principale des perturbations de la distribution de l’eau : très vétuste, le réseau ne bénéficie pas d’une maintenance suffisante étant donné qu’il n’y a seulement que 2 travailleurs responsables des infrastructures pour 4500 abonnés.

El Hay elguebli de Mthilla le 25 juin 2018 : les habitants sont obligés de stocker l’eau dans ces bidons en plastiques

Pour les habitants humiliés et dégradés de « Hay el Guebli », le blocage de la circulation des camions de la CPG s’est finalement présenté comme la dernière solution face à l’indifférence des autorités locales et régionales.

« On n’est pas des animaux pour être traités de la sorte ! Nous sommes tunisiens et on ne trouve pas une seule goutte d’eau pour boire pendant les mois d’été !!! » a crié Fatma, une habitant du quartier, lorsqu’on l’a rencontrée dans sa maison.

Ce qui se passe à Mdhilla est inhumain, injuste : la ville où sont implantés les deux grandes compagnies du pays, est assoiffée !!!

Au lieu de présenter des excuses et des solutions aux habitants, les autorités ont enclenché la machine sécuritaire et judiciaire. Six jeunes ont été arrêtés au motif d’avoir bloqué la route, la circulation et le travail.

La tension a alors atteint son apogée et toutes les sensibilités se sont unies pour défendre la ville et ses jeunes. En cela, plusieurs réunions se sont organisées dans la préfecture afin d’essayer de trouver une solution. Le préfet a ainsi promis d’essayer de régler la situation des jeunes arrêtés, et concernant la problématique de l’eau, de réparer le canal principal le plus tôt possible. Mais finalement, ce n’était rien que des promesses et le feuilleton des coupures perdure jusqu’à aujourd’hui.

  • Mthilla le 25 juin 2017 dans la cité de el hay el guebli
  • La SONEDE et la CPG : une responsabilité partagée 

Actuellement, la SONEDE exploite 3 forages qui pompent presque 5000m³par jour pour la ville de Redeyef. Le manque  enregistré est  de 26 L /s et doit être couvert par des nouveaux forages. Seulement, la faiblesse des autorités locales et régionales ainsi que les problèmes fonciers, rendent incapable la SONEDE de combler ses lacunes. Par ailleurs, la mauvaise gouvernance au sein de cette société, la vétusté du réseau, l’absence d’une stratégie claire pour anticiper les interruptions et l’absence d’une politique de communication lors des coupures sont également responsables de la situation de crise. Par exemple à Redeyef, les stations de pompage ne sont pas protégées malgré le nombre de gardiens en principe affectés à cette mission. C’était d’ailleurs l’un des points qui avaient été signalé au président directeur général de la Sonede lors de sa visite à Redeyef en2017, parmi d’autres problèmes soulevés, comme l’absence d’une main d’œuvre qualifiée et d’équipement adéquat dans le secteur de Redeyef. Il est important de noter que des actes de vandalisme  ont aussi aggravé la situation, et qu’ils auraient été bien souvent perpétrés avec la complicité des ouvriers de la Sonede. En effet, et comme l’avait reconnu le préfet de Redeyef lors d’une réunion normale du conseil municipal (avant les élections municipales) ,le nombre effrayant de raccordements illicites nécessite des recours en justice pour faire cesser ces violations.

 

Bassin de la laverie à Redeyef

Par ailleurs, si la Sonede  est responsable en premier lieu de garantir un service d’eau potable continu, la situation est un peu différente à Redeyef où nous avons pu le voir, la CPG exploite la même nappe d’eau potable(tarfaya) pour laver le phosphate (dans les autres villes, la CPG utilise des eaux ou le taux de salinité dépasse le 5g/L et qui par conséquent ne sont pas potables).Ainsi, la CPG est appelée à en tenir compte  et à soutenir « l’effort » de la SONEDE, car en fin de compte il est inacceptable de laver le phosphate quand les habitants de Redeyef sont privés d’une goutte d’eau. De plus, la compagnie exploite  la nappe  d’une manière intensive. Dernièrement adoptée, la loi 35 sur la responsabilité sociétale des entreprises doit en principe l’inciter à rationaliser l’exploitation de ces ressources naturelles (article 3 tiret 2), l’eau étant une richesse nationale à protéger pour futures générations.

En conclusion, il est urgent que les autorités traitent avec rigueur et sérieux la problématique car jusqu’à maintenant, qu’elles n’ont pas fait preuve d’une stratégie claire et efficace pour éradiquer les problèmes liés aux coupures d’eau.

De même que la présence de ces deux grandes compagnies dans la région est un potentiel important à exploiter (actuellement, et à mon avis, ce n’est pas vraiment un potentiel pour la région..), les pertes de la CPG et GCT liées aux blocages des habitants victimes des coupures d’eau peuvent être considérables. Il est impératif de chercher et explorer des alternatives pour protéger les richesses hydriques de la région, telle que par exemple, l’utilisation de l’eau de mer  pour laver le phosphate, plutôt que l’eau potable des nappes phréatiques .Jusqu’à aujourd’hui, on a beaucoup parlé du programme de désalinisation dans le bassin minier mais, rien ne s’est concrétisé. Enfin, la lutte pour l’eau dans le bassin minier nécessite davantage de mobilisation, pour assurer la continuité des mouvements. Dans ce sens, la section du FTDES travaille, et compte bien ouvrir d’autres dossiers tout aussi importants, à l’instar de la problématique de la qualité de l’eau et sa relation avec les maladies qui existent dans la région.

 

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Le bassin minier : où l’on rêve toujours d’une goutte d’eau

Article écrit par Ben Othmane Rabah : coordinateur régional du projet de la justice environnementale section du bassin minier

 

Souffrant des coupures d’eau en continu depuis plus de dix ans, les habitants de la région du bassin minier expriment leur désarroi et leur malaise. Malgré leurs actions de protestations cet été, rien n’a changé. Au contraire, la situation semble aller en s’aggravant. Retour sur les mobilisations de l’été 2018 à Redeyef et à Mdhilla pour le droit à l’eau potable.

  • De Redeyef à Mdhilla : des souffrances et des appels de détresse

Redeyef : Protestations et appels de secours laissés sansréelle solution

La situation à Redeyef est inédite, la question des coupures d’eau étant omniprésente toute l’année.  Dans des quartiers comme «  cité sidi Abdelkader » et le « cité du maghreb arabe », on enregistre des coupures même en l’hiver alors que logiquement le taux d’exploitation de l’eau diminue en cette saison. Plusieurs questions se posent quant aux capacités de la SONEDE à présenter un service acceptable et durable.

Face à cette problématique, les habitants de Redeyef, accompagnés de représentants de la société civile, ont décidé le samedi 30 juin 2018 de se diriger vers la Compagnie de Phosphate de Gafsa (CPG) pour arrêter la laverie.  Sachant que Redeyef est la seule ville minière où la compagnie publique utilise de l’eau potable pour laver le phosphate, ce mouvement citoyen a ainsi réagit face à l’indifférence des dirigeants et en a appelé à toutes les sensibilités du pays pour soutenir les habitants de cette ville privée du droit constitutionnel à l’eau.

Le 7 juillet 2018 Sit in des habitants de Redeyef dans la laverie de la CPG

Suite à cette protestation, les autorités régionales se sont vues obliger de répondre et trouver une solution. Dans ce cadre, il a été discuté et décidé que la CPG soutienne « l’effort  » de la SONEDE pour assurer la desserte de l’eau à tous les habitants de Redeyef. Un accord a même été signé entre le gouverneur de Gafsa, le secrétaire d’Etat de l’agriculture et le président directeur général de la CPG : cet accord prévoyait que la compagnie pompe et destine 1200 m³ par jour aux habitants. Cette quantité devait être prélevée six heures par jour, soit de 14 h à 17 h et de 3 h à 6 h du matin.

Malgré cet effort, le problème ne s’est pas résolu. Les coupures dans les zones hautes n’ont pas cessé, annonçant ainsi le retour des protestations. Les habitants ont ainsi organisé deux manifestations : un sit-in le 7 juillet dans la zone industrielle et  plus précisément dans la laverie de la CPG à Redeyef, et un autre le 8 juillet dans le siège social de la CPG. Le slogan principal de cette dernière manifestation « nous voulons l’eau », peut résumer l’essentiel des revendications.

Le 8 juillet 2018 sit in des habitants de Redeyef dans le siège social de la Cpg

Suite à cette protestation, une réunion s’est tenue dans le bureau du directeur du siège de la CPG ) à Redeyef avec le président de la section FTDES de Redeyef, le coordinateur du projet de la justice environnementale, deux ingénieurs de la CPG et quatre personnes représentant les quartiers sinistrés. Notre objectif était de  trouver une solution immédiate. Pour nous, il était clair que la quantité d’eau fournie par la CPG ne suffisait pas. Notre demande consistait alors à améliorer l’accord signé pour résoudre le problème complètement, mais l’administration générale de la CPG a refusé sous prétexte que cela menacerait les droits des travailleurs  et la durabilité de la production.

 

Mdhilla : Les habitants, confrontés également aux poursuites judiciaires

A Mdhilla où sont implantées les activités à la fois de la CPG et du Groupe Chimique Tunisien, la même problématique se pose mais différemment dans la mesure où la durée des coupures de l’eau  peut parfois dépasser 20 jours successifs. C’est notamment le cas du quartier El Hay Elguebli que nous avons visité et où nous avons pu constater la détresse des habitants, obligés d’acheter de l’eau ou d’attendre les citernes de la préfecture.

https://www.youtube.com/watch?v=_m5hrpujF9Y

Les potentiels hydrauliques de cette ville sont très limités et la nappe existante ne peut pas satisfaire tous les habitants. La SONEDE achemine ainsi l’eau de la zone de « Ortos »  très proche de la ville d’Elguetar, à travers un réseau de 25 km qui est d’ailleurs la cause principale des perturbations de la distribution de l’eau : très vétuste, le réseau ne bénéficie pas d’une maintenance suffisante étant donné qu’il n’y a seulement que 2 travailleurs responsables des infrastructures pour 4500 abonnés.

El Hay elguebli de Mthilla le 25 juin 2018 : les habitants sont obligés de stocker l’eau dans ces bidons en plastiques

Pour les habitants humiliés et dégradés de « Hay el Guebli », le blocage de la circulation des camions de la CPG s’est finalement présenté comme la dernière solution face à l’indifférence des autorités locales et régionales.

« On n’est pas des animaux pour être traités de la sorte ! Nous sommes tunisiens et on ne trouve pas une seule goutte d’eau pour boire pendant les mois d’été !!! » a crié Fatma, une habitant du quartier, lorsqu’on l’a rencontrée dans sa maison.

Ce qui se passe à Mdhilla est inhumain, injuste : la ville où sont implantés les deux grandes compagnies du pays, est assoiffée !!!

Au lieu de présenter des excuses et des solutions aux habitants, les autorités ont enclenché la machine sécuritaire et judiciaire. Six jeunes ont été arrêtés au motif d’avoir bloqué la route, la circulation et le travail.

La tension a alors atteint son apogée et toutes les sensibilités se sont unies pour défendre la ville et ses jeunes. En cela, plusieurs réunions se sont organisées dans la préfecture afin d’essayer de trouver une solution. Le préfet a ainsi promis d’essayer de régler la situation des jeunes arrêtés, et concernant la problématique de l’eau, de réparer le canal principal le plus tôt possible. Mais finalement, ce n’était rien que des promesses et le feuilleton des coupures perdure jusqu’à aujourd’hui.

  • Mthilla le 25 juin 2017 dans la cité de el hay el guebli
  • La SONEDE et la CPG : une responsabilité partagée 

Actuellement, la SONEDE exploite 3 forages qui pompent presque 5000m³par jour pour la ville de Redeyef. Le manque  enregistré est  de 26 L /s et doit être couvert par des nouveaux forages. Seulement, la faiblesse des autorités locales et régionales ainsi que les problèmes fonciers, rendent incapable la SONEDE de combler ses lacunes. Par ailleurs, la mauvaise gouvernance au sein de cette société, la vétusté du réseau, l’absence d’une stratégie claire pour anticiper les interruptions et l’absence d’une politique de communication lors des coupures sont également responsables de la situation de crise. Par exemple à Redeyef, les stations de pompage ne sont pas protégées malgré le nombre de gardiens en principe affectés à cette mission. C’était d’ailleurs l’un des points qui avaient été signalé au président directeur général de la Sonede lors de sa visite à Redeyef en2017, parmi d’autres problèmes soulevés, comme l’absence d’une main d’œuvre qualifiée et d’équipement adéquat dans le secteur de Redeyef. Il est important de noter que des actes de vandalisme  ont aussi aggravé la situation, et qu’ils auraient été bien souvent perpétrés avec la complicité des ouvriers de la Sonede. En effet, et comme l’avait reconnu le préfet de Redeyef lors d’une réunion normale du conseil municipal (avant les élections municipales) ,le nombre effrayant de raccordements illicites nécessite des recours en justice pour faire cesser ces violations.

 

Bassin de la laverie à Redeyef

Par ailleurs, si la Sonede  est responsable en premier lieu de garantir un service d’eau potable continu, la situation est un peu différente à Redeyef où nous avons pu le voir, la CPG exploite la même nappe d’eau potable(tarfaya) pour laver le phosphate (dans les autres villes, la CPG utilise des eaux ou le taux de salinité dépasse le 5g/L et qui par conséquent ne sont pas potables).Ainsi, la CPG est appelée à en tenir compte  et à soutenir « l’effort » de la SONEDE, car en fin de compte il est inacceptable de laver le phosphate quand les habitants de Redeyef sont privés d’une goutte d’eau. De plus, la compagnie exploite  la nappe  d’une manière intensive. Dernièrement adoptée, la loi 35 sur la responsabilité sociétale des entreprises doit en principe l’inciter à rationaliser l’exploitation de ces ressources naturelles (article 3 tiret 2), l’eau étant une richesse nationale à protéger pour futures générations.

En conclusion, il est urgent que les autorités traitent avec rigueur et sérieux la problématique car jusqu’à maintenant, qu’elles n’ont pas fait preuve d’une stratégie claire et efficace pour éradiquer les problèmes liés aux coupures d’eau.

De même que la présence de ces deux grandes compagnies dans la région est un potentiel important à exploiter (actuellement, et à mon avis, ce n’est pas vraiment un potentiel pour la région..), les pertes de la CPG et GCT liées aux blocages des habitants victimes des coupures d’eau peuvent être considérables. Il est impératif de chercher et explorer des alternatives pour protéger les richesses hydriques de la région, telle que par exemple, l’utilisation de l’eau de mer  pour laver le phosphate, plutôt que l’eau potable des nappes phréatiques .Jusqu’à aujourd’hui, on a beaucoup parlé du programme de désalinisation dans le bassin minier mais, rien ne s’est concrétisé. Enfin, la lutte pour l’eau dans le bassin minier nécessite davantage de mobilisation, pour assurer la continuité des mouvements. Dans ce sens, la section du FTDES travaille, et compte bien ouvrir d’autres dossiers tout aussi importants, à l’instar de la problématique de la qualité de l’eau et sa relation avec les maladies qui existent dans la région.

 

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مقال من إعداد رابح بنعثمان / المنسق الجهوي لمشروع العدالة البيئية صلب المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية و الاجتماعية فرع الحوض المنجمي

الحوض المنجمي أين تعتبر قطرة الماء حلما صعب المنال

 

منذ سنوات و أهالي الحوض المنجمي يكابدون الانقطاعات المتكررة للماء و التي أصبحت مصدر قلق و إزعاج للعديد منهم .و رغم الاحتجاجات المتكررة بقي المشكل قائما إلى حدود هذه الصائفة التي ازدادت فيها وتيرة  الانقطاعات و يبدو أن الأوضاع تسير إلى الاسوء لأنه لا يبدو أن هناك بوادر لإيجاد حل جذري لهذه المعظلة

و سيكون لنا في هذا المقال حديث عن مدينتي الرديف و المظيلة كأمثلة يمكن إسقاطها على باقي مدن الحوض المنجمي.

1)معاناة مستمرة و لامبالاة المسؤولين

تعتبر الوضعية في مدينة الرديف ذات خصوصية نوع الما لان مسالة الانقطاعات باتت خبزنا اليومي و لا يكاد يمر يوم دون أن نسجل اضطرابا في توزيع الماء ففي أحياء مثل حي سيدي عبد القادر و حي المغرب العربي تتواصل الانقطاعات حتى في فصل الشتاء الذي عادة مايقل فيه الاستهلاك و هو ما يطرح اسئلة عديدة حول دور الشركة الوطنية لاستغلال و توزيع المياه و قدرتها على تقديم خدمة مقبولة في المستوى المطلوب

  • احتجاجات و نداءات استغاثة دون إجابات إلى يومنا هذا

أمام هذه الوضعية غير الإنسانية و أمام لامبالاة سلط الإشراف لم يجد الأهالي من حل سوى التوجه نحو مغسلة الفسفاط و إيقافها عن العمل كورقة ضغط  من اجل حلحلة الوضع وهو ما تم فعلا  يوم السبت 30 جوان 2018  علما أن الرديف هي المدينة الوحيدة من بين مدن الحوض المنجمي الأربعة التي تستعمل فيها شركة فسفاط قفصة المياه الصالحة للشراب في عملية غسيل الفسفاط

و قد جاء هذا التحرك كردة فعل على لامبالاة المسؤولين و هي في ذات الوقت  دعوة  إلى كل الحساسيات الفاعلة في البلاد إلى  مساندة أهالينا من اجل افتكاك حقهم الدستوري

تحرك 30 جوان 2018 داخل مغسلة شركة فسفاط قفصة

بعد هذا التحرك أصبحت السلط المحلية و الجهوية أمام حتمية إيجاد حل لهذه المشكلة و في هذا الإطار تقرر أن تعاضد شركة فسفاط قفصة « مجهودات  » الصوناد و ذلك من اجل إيصال الماء إلى كل الأحياء .و قد تم توقيع محضر اتفاق بين والي قفصة و ممثل عن شركة فسفاط قفصة و ممثل عن وزارة الفلاحة ينص بالأساس على أن تقوم الشركة بضخ كمية 1200م/3 في اليوم و تقسط على 6 ساعات و تكون كالتالي من الساعة الثانية ظهرا إلى الساعة الخامسة ظهرا و من الساعة الثالثة صباحا إلى الساعة السادسة صباحا

و رغم هذا المجهود لم نلحظ تحسنا كبيرا فقد عادت الانقطاعات إلى سالف عهدها مما يعني بالضرورة العودة إلى مربع الاحتجاجات الأول فدخل عدد من أهالي الرديف في  سلسلة من التحركات ابتدأت باعتصام أول في المغسلة يوم 7 جويلية 2018 ووقفة احتجاجية بالمقر الاجتماعي للشركة بالرديف يوم 8 جويلية  و قد كان الشعار المركزي لهذا التحرك « نحبو الماء »

تحرك 8 جويلية في المقر الاجتماعي لشركة فسفاط قفصة

بعد هذا التحرك تم عقد جلسة تفاوضية مع  السيد مدير إقليم الرديف حضرها إلى جانب عدد من إطارات الشركة   كل من رئيس المنتدى (فرع الحوض المنجمي) و منسق مشروع العدالة البيئية و عدد من الأهالي ممثلين عن الأحياء المتضررة و قد كان هدفنا الأساسي من هذا اللقاء إيجاد حل على الأقل في الوقت الراهن مع اقتناعنا الراسخ أن الكمية التي حددتها الشركة لن تفي بالغرض و من اجل ذلك عملنا على تحسين ما ورد في الاتفاق الأول إلا أننا اصطد منا برفض تام بحجة أن ما نطلبه سيؤثر على نسق العمل و سيضر العمال على مستوى جراياتهم

2 )المظيلة /المنطقة المنكوبة

في المظيلة ابن يتركز قطبا الصناعة المنجمية  و نعني بذلك شركة فسفاط قفصة و المجمع الكيميائي التونسي يطرح نفس الإشكال المتعلق بالماء الصالح للشراب فقد تجاوزت الانقطاعات في « الحي القبلي « مثلا ال 20 يوما متواصلة ليلا و نهارا و قد وجد الأهالي الحل في شراء الماء لمن استطاع إليه سبيلا أو انتظار الصهاريج التي ترسلها المعتمدية  بين الفينة و الأخرى

https://www.facebook.com/ahmdirabah/videos/2253525128007222/

و تعتبر الإمكانات المائية للمظيلة محدودة جدا و المائدة المائية المتوفرة غير قادرة على تلبية حاجيات كل المواطنين مما اضطر الشركة الوطنية لاستغلال و توزيع المياه الى جلب المياه من منطقة « الارطس » و هي منطقة قريبة من مدينة القطار و يبلغ طول القناة ال 25 كم و التي أصبحت بدورها جزء من المشكل نظرا لقدمها و غياب عملية الصيانة الدورية و ذلك مفهوم عندما ندرك أن مجموع العملة التابع للصوناد لا يتجاوز الاثنين في منطقة يبلغ عدد منخرطيها ال 4500 منخرطا

                                                                                       

زيارتنا للحي القبلي بالمظيلة يوم 25 جوان 2018
الحي القبلي يوم 25 جويلية 2018 عينة من معاناة الاهالي جراء العطش

 

  • أهالي المظيلة بين مطرقة العطش و سندان الملاحقات الأمنية

أمام هذه اللامبالاة وجد عدد من أهالي الحي القبلي  الحل في إيقاف شاحنات نقل الفسفاط و منعها من العبور لان الشعور بالاهانة و التحقير بلغ مداه  و ما أقدموا عليه هو وسيلة ضغط و لفت نظر للمسؤولين كي يتحركوا . »لسنا حيوانات كي تقع معاملتنا بهذه الطريقة نحن تونسيون .لا يعقل إن لا نجد قطرة  ماء للشرب في فصل الصيف »  تصيح فاطمة عندما التقيناها في منزلها

من الواضح أن ما يقع في المظيلة هو الإذلال بعينه فهل يعقل أن مدينة من أغنى مدن البلاد يموت أهلها عطشا

و الأغرب من ذلك أن عوض تقديم اعتذار لأهالينا في المظيلة عن التقصير و الإهمال تقوم السلط المحلية و الجهوية بتحريك آلة الملاحقات الأمنية ليتم إيقاف 6 شبان بتهمة تعطيل حرية السير و هو ما ساهم في تازيم الوضع و ارتفاع منسوب الاحتقان و من اجل ذلك تحركت كل الحساسيات الفاعلة في المدينة للدفاع عن شبابها .و قد انعقدت عدة جلسات في مقر المعتمدية من اجل إيجاد حل و التي على إثرها تعهد المعتمد بالعمل على الإفراج عن الموقوفين و إيقاف التتبعات العدلية في حقهم و إصلاح العطب الذي طرا على القناة في اقرب الآجال

لكن في النهاية لم تكن سوى مجرد وعود لتهدئة الوضع و بقيت الانقطاعات موجودة إلى يومنا هذا

  • الشركة التونسية لاستغلال و توزيع المياه غياب للمسؤولية و انعدام للرؤية

حاليا تستغل الصوناد في مدينة الرديف 3 أبار بطاقة ضخ قدرت ب 5000ل/ث و النقص الحاصل يقدر ب 26ل/ث و هو ما يتطلب حفر أبار جديدة إلا أن ضعف السلط المحلية إضافة إلى المشاكل العقارية حالت دون انجاز المشاريع المبرمجة في هذا الإطار أضف إلى ذلك غياب الحوكمة و اهتراء الشبكة و تقادمها (منذ سنة 1984) و غياب استراتيجية واضحة لاستباق المشاكل التي قد تطرأ بين الفينة و الأخرى و غياب سياسة اتصالية واضحة تتدخل حال الأزمات كلها عوامل تجعل من هذا المرفق العمومي في حالة عطالة و موت سريري

و كمثال على ذلك محطات الضخ في إقليم الرديف غير محمية تماما رغم وجود العدد الكافي من الحراس و هي من بين النقاط التي طرحت مع السيد الرئيس المدير العام للشركة أثناء زيارته للرديف في صيف 2016 إضافة إلى عدة نقاط أخرى من أهمها غياب الاختصاص و انعدام التجهيزات

كذلك لا بد من الإشارة إلى عامل مهم ساهم في تفاقم مشكلة انقطاع الماء و هو الربط العشوائي الذي يتم للأسف بتواطؤ من بعض العملة بشهادة معتمد الرديف الذي أكد لنا أن هناك قضايا مرفوعة في هذا الصدد

3) المسؤولية المجتمعية لشركة فسفاط قفصة و رؤية المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية و الاجتماعية لمسالة الماء

مما لا شك فيه انه عند تناولنا لمسالة الماء فإننا بالضرورة سنتحدث عن الشركة الوطنية لاستغلال و توزيع المياه باعتبارها المسؤول الرئيس عن تزويد المواطنين بالماء الصالح للشراب دون انقطاع ألا أن الوضعية في الحوض المنجمي تعتبر ذات خصوصية و خاصة لمدينة الرديف أين تتقاسم الشركة مع المواطنين نفس الطبقة المائية (الطرفاية) لاستعمالها في غسيل الفسفاط في حين أنها تستعمل مياها غير صالحة للشرب بالنسبة لام العرائس و المتلوي و المظيلة

لذلك فان الشركة مدعوة إلى الأخذ بعين الاعتبار هذه المسالة و  معاضدة الصوناد في « مجهوداتها » لأنه من غير المعقول أن يتم غسيل الفسفاط في نفس الوقت الذي لا يجد فيه المواطن قطرة ماء ليشربها و هو اقل ما يمكن أن تفعله الشركة لأنها تقوم باستنزاف الموارد المائية بصفة مفرطة بمعدل 5000م/3 في اليوم. و يحث  الفصل 35 من قانون المسؤولية المجتمعية  في مطتيه الثانية و الثالثة هذا النوع من الشركات على عقلنة استغلال الموارد الطبيعية التي تبقى ثروة وطنية وجب الحفاظ عليها من اجل الأجيال القادمة

بالنسبة إلينا في المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية و الاجتماعية نرى انه على السلط المعنية أن تأخذ مأخذ الجد مسالة انقطاعات الماء و أن تكف عن سياسة الترقيع لأننا مقتنعون انه لا توجد إلى حد الآن استراتيجية و اضحة و مدروسة للقضاء نهائيا على العطش في هذه الجهة

كذلك لابد من التأكيد على ان وجود شركتي فسفاط قفصة و المجمع الكيميائي التونسي يعد نقطة قوة فلو احتسبنا معدل خسائر هذين القطبين من جراء التوقفات المتعلقة بالماء لوجدناها كبيرة جدا و هو ما يدعوهما إلى المساهمة أكثر  في المجهود المبذول لحلحلة مشكلة الانقطاعات لأنهما سيكونان أول المستفيدين من ذلك

إضافة إلى ذلك نرى انه من الضروري أن يبدأ التفكير جديا في البدائل الممكنة للحفاظ على هذه الثروة المائية و يعتبر جلب مياه البحر احد الحلول العملية التي تستطيع أن تحل الإشكال نهائيا و من بين الحلول الأخرى الممكنة تحلية المياه باعتبار أن المنطقة تحوي كميات هامة من المياه المالحة التي تصل درجة ملوحتها ال5غ/ل

ختاما نستطيع القول و من خلال متابعتنا اليومية لمسالة انقطاعات الماء أننا إزاء معركة حقيقية و هي معركة وجود بالأساس غير أن الإشكال يبقى دائما في مسالة التوعية و التعبئة التي تعتبر ضعيفة و هي من بين التحديات المطروحة علينا كمنظمات مجتمع مدني و هي كيف نخلق من هذه التحركات زخما نضاليا عبر  تحركات مدروسة غير مرتبطة بسقف زمني و تطرح المسالة بشكل أكثر عمقا من منطلق أننا إزاء حق دستوري يقع انتهاكه يوميا وربما تكون فاتحة لمعارك أخرى و لعل من أبرزها إشكال  نوعية المياه و علاقتها بانتشار الأمراض الخبيثة و القاتلة في منطقة الحوض المنجمي .

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