Victimes des politiques économiques et sociales Victimes des politiques de l’émigration

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3 juin 2018

Victimes des politiques économiques et sociales

Victimes des politiques de l’émigration


Samedi 2 juin 2018, une embarcation clandestine a chaviré au large des îles Kerkenna. Le bilan est terrible : 48 personnes sont mortes. Et si 68 autres ont pu être sauvées, on ne connait toujours pas le nombre des disparus.

Les chiffres de l’émigration non-règlementaire, qui se sont emballés ces derniers temps, sont symptomatiques de l’ampleur de la crise économique et sociale dans laquelle s’enlise le pays.

Selon les estimations du FTDES, le nombre des migrants en 2017 dépasse les 15000 personnes dont 6151 ont été interceptées par les autorités italiennes et 3178 ont été empêchées d’embarquer. Les autres ont pu atteindre les côtes européennes sans passer par un contrôle officiel.

Lors du premier trimestre 2018, il y a quelques 3000 tentatives de traversée des frontières soit dix fois plus qu’au cours du même trimestre en 2017.

Le FTDES a souligné à maintes reprises la gravité de la crise économique et sociale et tenté d’alerter les autorités sur l’ampleur du drame. Celui d’une jeunesse qui semble vivre dans un tunnel obscur et ne rêve que d’une seule chose : quitter le pays par n’importe quel moyen.

Ce rêve, qui se transforme trop souvent en cauchemar, n’est pas seulement celui des laissés pour compte de notre jeunesse mais aussi de de plus en plus de jeunes dotés de compétences techniques et scientifiques élevées.

Le FTDES exprime sa profonde tristesse devant la perte des victimes et présente ses condoléances les plus attristées à leurs familles, en formulant l’espoir de salut pour les personnes portées disparues.

Il appelle les autorités à fournir aux familles, le plus rapidement possible, toutes les informations concernant les victimes et les disparus et assurer aux survivants l’assistance psychologique nécessaire. Le tragique précédent du 8 octobre 2017, dans toutes les mémoires, ne doit pas être répété.

Il exhorte le gouvernement tunisien à renoncer à l’approche sécuritaire de l’émigration non-réglementaire, et à s’atteler au démantèlement des filières clandestines et à la poursuite des passeurs.

Ce contexte dramatique doit également nous conduire à réviser les modalités de la coopération avec l’Union européenne fondée sur le tout-sécuritaire et la fermeture des frontières. On ne peut indéfiniment surseoir aux politiques de développement véritables qui tiennent avant tout compte des aspirations de la jeunesse à la dignité et à la justice sociale.

Le FTDES tient à rappeler, une fois encore, le coût social de plus en plus lourd des choix économiques actuels et à attirer l’attention des gouvernants sur les dangers de cette politique du désespoir organisé qui laisse de larges catégories de jeunes face à un horizon bouché sans autre issue que le départ au risque de leurs vies.

Pour le FTDES

Le président, Massaoud Romdhani

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