Solidarité avec la famille du défunt Naïm Briki
Les organisations et associations signataires ci-dessous suivent avec indignation l’affaire du décès du jeune Naïm Briki, survenu à la suite d’une violente agression par des agents de police, selon les informations fournies par sa famille à la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme. Selon cette même déclaration, le décès est dû aux blessures graves qu’il a subies à la tête, aux oreilles et aux yeux, à la suite d’une agression très violente dans la nuit du vendredi 22 novembre 2025, après avoir été poursuivi par des agents de police pour ne pas avoir obéi à un signal d’arrêt alors qu’il conduisait une moto. Il est décédé après environ deux semaines de souffrances à l’hôpital universitaire Ibn Al-Jazar de Kairouan, des suites de ses blessures graves. Le parquet du tribunal de première instance de Kairouan a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’incident. Cependant, l’annonce du décès a déclenché une vague de protestations populaires dans le quartier d’Ali Bey à Mansoura, qui s’est étendue aux quartiers voisins et a donné lieu à des arrestations arbitraires touchant un certain nombre de jeunes.
La mort de Naïm Briki remet au premier plan les tragédies récurrentes liées à la violence policière systématique et incarne une fois de plus la politique d’impunité.
Les organisations et associations signataires :
- présentent leurs sincères condoléances et leur sympathie à la famille du défunt Naïm Briki, et expriment leur solidarité absolue avec elle dans cette épreuve douloureuse.
- condamnent avec la plus grande fermeté toutes les formes de violence policière et l’usage excessif de la force, et demandent que toute la responsabilité soit imputée à ceux dont l’implication dans ce crime a été prouvée.
- Elle appelle à une enquête judiciaire sérieuse et transparente qui garantisse la révélation de toute la vérité et la mise en cause des responsables sans aucune discrimination ni protection institutionnelle.
- Appelle à ne pas répondre à la contestation par la répression et les poursuites judiciaires, mais par la révélation de la vérité et la mise en cause des responsables
- Exige qu’il soit mis définitivement fin à l’impunité dans les affaires de torture et de violences policières, et que des garanties soient données pour que de tels crimes ne se reproduisent plus.
- Renouvelle son appel en faveur d’une véritable réforme radicale des institutions sécuritaires, fondée sur le respect des droits humains et les principes de responsabilité.